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16 mai 2017

La cruauté orchestrée pour le business trime contre l'Humanité. Pas l'Art et la Culture.

Statue du Nèg Mawon, Albert Mangonès (1959)
Port au Prince (Haïti)

Cette sculpture, réalisée par Albert Mangonès en 1959, se trouve à Port au Prince, capitale d’Haïti, en face du palais national. Dans sa main droite l’esclave tient une machette, symbole de la résistance des esclaves et dans l’autre main une gourde.
Les Nègres Marrons étaient des esclaves fugitifs rebelles.
La fuite ou marronnage fut un puissant mode de résistance que les esclaves noirs adoptèrent très tôt non seulement en Haïti mais aussi dans le reste des Antilles, au Surinam, dans l’Océan Indien (La Réunion, Ile Maurice et Ile Rodrigues), ainsi que dans toutes les colonies esclavagistes.

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Les bras de la liberté, Hector Charpentier (2002)
Le Prêcheur (Martinique)

Cette statue en bronze symbolise les esclaves libérés de leurs chaînes. C’est une œuvre de l’artiste Hector Charpentier, plasticien martiniquais, né en 1950 à Fort-de-France. Durant sa carrière, il réalise un certain nombre d’œuvres sur le thème de la traite négrière, de l’esclavage et des abolitions.

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L’Abolition de l'esclavage dans les colonies françaises en 1848,
François-Auguste Biard (1848)
Château de Versailles (France)

Le tableau de Biard représente une scène d’émancipation dans les colonies, au moment de la proclamation de l’abolition de l’esclavage.
Source :
Mathilde LARRÈRE, « La Deuxième République abolit l’esclavage », Histoire par l'image [en ligne].

A l’époque de l’abolition, le texte mit un mois exactement à parvenir en Guadeloupe, où vivaient plus de 87 000 esclaves (74 450 en Martinique), et encore dix jours pour être proclamé dans les parties les plus reculées de l’île. Aujourd’hui, c’est dans un quartier de Pointe-à-Pitre qu’a été construit le Mémorial ACTe ou Centre caribéen d’expressions  et de mémoire de la traite et de l’esclavage (inauguré le 10 mai 2015).
Il en aura fallu du temps pour ouvrir ce que Charles de Gaulle appelait la « boîte à chagrin » : en France, pas moins de cent-soixante-quatre ans pour que le territoire se dote enfin d’un lieu spécifiquement consacré à l’histoire de l’esclavage. Autant dire un très gros siècle d’inertie mémorielle face à un crime dont le pays fut pourtant l’un des acteurs principaux, derrière l’Angleterre et le Portugal, mais loin devant les Etats-Unis : du XVIème au XIXème siècle, de 600 000 à 800 000 Africains furent déportés en Amérique du Nord, 1,6 million dans les Antilles françaises.
Source :


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Pourquoi cet article est-il posté sur notre blog au mois de mai ?

C’est parce qu’au mois de mai se déroulent plusieurs commémorations en rapport avec l’esclavage.

Le 10 mai est la journée commémorative du souvenir de l’esclavage et de son abolition. Elle est consacrée en France au souvenir des souffrances infligées par l’esclavage et à son abolition (au XIXème siècle pour les pays développés, au XXème siècle pour quelques autres) à la suite de l’adoption de la loi Taubira le 10 mai 2001.
Sur proposition de Maryse Condé, présidente du Comité pour la mémoire de l’esclavage, le président de la République Jacques Chirac fixe cette date au 10 mai, jour de l’adoption en 2001 de la Loi Taubira. La journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition  est célébrée pour la première fois le 10 mai 2006.

Dans une circulaire du 2 mai 2008 relative à la traite négrière, l’esclavage et l’abolition, le Premier ministre François Fillon officialise également la date du 23 mai comme la journée du souvenir des victimes de l’esclavage colonial, alors organisée depuis 10 ans ce jour-là par des associations ultramarines en mémoire  de l’abolition de l’esclavage le 23 mai 1848 et de la marche silencieuse du 23 mai 1998 qui a contribué à la mobilisation en faveur de la loi Taubira.

Cette mémoire est aussi célébrée le 22 mai en Martinique, le 27 mai en Guadeloupe et à Saint-Martin.
Source :


Il y a des départements qui célèbrent cette journée lors d’autres mois :
Le 27 avril à Mayotte, le 10 juin en Guyane, le 9 octobre à Saint-Barthélemy et le 20 décembre à La Réunion.

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Quelques dates importantes :

4 février 1794 (16 pluviôse an II) :
L’esclavage est aboli dans les colonies françaises par la Convention nationale. Cet événement historique est imposé par la révolte des esclaves de Saint-Domingue engagée dès le mois d’août 1791.
Cette abolition de 1794 ne prévoyait aucune indemnité pour les colons.

20 mai 1802 :
L’esclavage est rétabli par Napoléon avec un début de génocide pour se débarrasser des récalcitrants.

8 février 1815 :
Condamnation de la traite négrière transatlantique notamment par son caractère « répugnant au principe d’humanité et de morale universelle » par le Congrès de Vienne.

27 avril 1848 :
Sous l’impulsion de Victor Schœlcher, le deuxième décret de l’abolition de l’esclavage en France est signé par le Gouvernement provisoire de la deuxième République.
Cette abolition (qui est donc la deuxième étant donné qu’il y en a eu une en 1794) accorda des indemnités aux colons en réparation du préjudice subi (la perte de leurs esclaves).



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Notre collectif estime qu’il est essentiel de parler des souffrances endurées par des peuples. Cela aide à la compréhension du monde et au rapprochement mutuel.
N’avons-nous pas tous besoin de parler quand nous avons été blessés ?
N’avons-nous pas besoin d’extérioriser quand nous sommes en colère ?
N’avons- nous pas des enfants à apaiser par le savoir et l’ouverture sur le monde ?
N’avons-nous pas le devoir d’expliquer à nos enfants les mélanges d’aujourd’hui sur la planète ?
Expliquer, s’expliquer ne permet-il pas de mieux avancer ensemble ?

Accordons la place qu’elle mérite à chaque mémoire pour mieux construire notre avenir. Même si nous n’avons pas tous des ascendants esclaves noirs africains, voici un lien libre (ou déchaîné) vers cette chanson du groupe I AM :